Tous à l’heure de la RSE !

Tous à l’heure de la RSE !

La Responsabilité sociale d’Entreprise (RSE), cela ne vous dit certainement pas grand-chose. Et pourtant, elle assigne quasiment toutes les entreprises qui font du profit à œuvrer dans le social afin de soulager le peuple, mais aussi et surtout de venir en appoint, par rapport à ce que font les pouvoirs publics. Ce concept, que beaucoup de Sénégalais croient nouveau, est pourtant aussi vieux que le monde, puisqu’il n’est que solidarité, aide et partage, des valeurs recommandées par les religions musulmane et chrétienne.

La vocation d’une entreprise est certes de faire des bénéfices, et personne ne lui dénie cette évidence. Toutefois, doit-elle amasser des milliards et n’en faire profiter qu’à ses seuls actionnaires ? Que non ! Il est vrai que le Sénégal est entré, depuis 2000, dans l’ère du Libéralisme avec les présidents Wade et Sall, mais tous deux prônent le Libéralisme social avec ses valeurs africaines de partage, de soutien aux indigents et d’action caritative en direction de la communauté.

Hélas, très peu de chefs d’entreprise, en Afrique, savent que la cotation tient également compte du respect de la RSE, surtout dans les pays développés comme les USA, le Canada, la France etc. Là-bas, même l’attribution des marchés obéit au respect de ce concept né dès 1953 et qui, de nos jours, est rare voire inexistant en Afrique. Pourtant, pour paraphraser le Dr Cheikh Kanté, «le comportement de l’homme a toujours été à l’origine des décalages entre la qualité de vie et le niveau de satisfaction». Alors, leaders sénégalais, chefs d’entreprises, ministres et autres privilégiés de la République, comprenez que l’assistance aux différentes composantes du peuple n’est pas un simple geste de bonté, mais plutôt une obligation sociale à laquelle vous n’avez pas de droit de déroger.

Nous devons à la vérité de reconnaître qu’il y a quelques entreprises – que nous nous autoriserons à donner en exemple – qui œuvrent inlassablement à aller même plus loin que ne leur impose cette «loi», même si elle tarde à être promulguée. La Sococim qui alloue une subvention de près de 1,8 milliard de Fcfa à la ville de Rufisque, le Port Autonome de Dakar qui se substitue même à l’Etat et aux communes en réhabilitant des espaces publics (Place Cyrnos), Orange et Tigo, très présents lors du Magal de Touba et du Gamou de Tivaouane, Eiffage Sénégal, entre autres, ont tôt compris que la RSE est une de leurs principales missions, au-delà d’un bilan excédentaire.

A défaut de l’imposer, l’Etat devra prendre des mesures incitatives en direction des entreprises sénégalaises, notamment par l’inclusion de la RSE dans les dossiers d’appel d’offres pour encourager les fonds de concours, donation et autres actions en direction des populations. Naturellement, il faudra mettre des garde-fous afin de décourager ceux qui seraient tentés d’utiliser ces fonds à d’autres fins, déviant ainsi de ce concept ô combien salutaire.

Serigne Mour DIOP

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