PRESIDENTIELLE 2019 – Candidature chimérique de Karim Wade : Macky gagne le premier tour

PRESIDENTIELLE 2019 – Candidature chimérique de Karim Wade : Macky gagne le premier tour

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) a choisi son candidat pour la Présidentielle 2019 avant l’heure (août 2015), parce qu’il s’attendait à aller à cette consultation en 2017, conformément à la promesse du Président Macky Sall de réduire le mandat pour lequel il a été élu, de sept à cinq ans (2012-2017). Mais aussi, parce que le parti de Me Wade voulait mettre la pression sur le chef de l’Etat et sur la Crei pour la libération, le plus tôt possible, de l’ancien ministre d’Etat, alors emprisonné pour cause d’«enrichissement illicite». Mais après que Wade-fils ait bénéficié de la grâce présidentielle, que vaut, aujourd’hui, cette candidature constamment rabâchée, aux yeux de la Loi ?

La réponse de Papa Samba Mboup, ancien chef de Cabinet du Président Abdoulaye Wade, servie à nos confrères du quotidien « l’As », sur la question de la candidature de Karim Wade à la Présidentielle de 2019, va peut-être apparaître, dans les rangs des libéraux sénégalais, comme «une illusion d’un nostalgique du Sopi des années de braises», dépassé par les tenants de la pensée Karimiste, prêts pour prendre la relève des combattants des premières heures. Mais, hélas, ils devraient convenir, avec le plus fidèle serviteur de Me Abdoulaye Wade, que les écueils seront nombreux – et difficiles à franchir – pour l’inspirateur de la «Génération du Concret» (CG).

La réalité des faits est là, implacable. Après près de deux ans de détention préventive, dans le cadre de la traque des biens supposés mal acquis, Karim Wade, Bibo Bourgi et quelques autres personnes, reconnues comme complices, ont été jugés et condamnés par la Cour de Répression de l’Enrichissement illicite (Crei), certains à plus de cinq ans de prison. Six ans pour Karim et Bibo, c’est suffisant pour qu’ils perdent leurs droits civiques. De facto, au regard de la Constitution, des Lois et du Code électoral, ils ne sont plus électeurs, ni éligibles.

Même élargi de prison, suite à une grâce présidentielle, Karim Wade n’en reste pas moins sous le coup de la Loi et est contraint à payer, jusqu’au dernier sou, l’amende de plus de 138 milliards de FCFA à laquelle l’avait condamné la Crei, en plus de ses cinq années d’emprisonnement ferme. Parce que, la grâce présidentielle permet, certes, de sortir de prison, mais elle n’en efface pas pour autant la peine infligée par le tribunal. C’est ce qui explique, d’ailleurs, la mise en vente de l’immeuble « Eden Rock » d’Ibrahim Aboukhalil Bourgi dit Bibo, à Dakar.

Macky Sall ne se fera pas hara-kiri

La seule possibilité de se présenter à la Présidentielle de 2019, pour Karim Meïssa Wade, réside encore entre les mains du Président Macky Sall, – ou de l’Assemblée nationale, à travers un projet de Loi – et elle consiste en une amnistie totale. Mais l’actuel locataire du Palais de la République, qui œuvre inlassablement pour bénéficier de la confiance des Sénégalais et obtenir un second mandat, ne se fera pas hara-kiri en lançant dans la course l’adversaire présenté comme «le plus crédible et le plus à même de gagner».

Me El Hadj Amadou Sall, membre du Comité Directeur du Pds, par ailleurs ancien ministre de la Justice et avocat de Karim Wade dans cette affaire d’enrichissement illicite, a beau crier sur tous les toits que Karim Wade «est notre candidat. Il est, en quelque sorte, notre cheval pour gagner les prochaines courses électorales», non sans promettre qu’«il sera là le moment venu, car tout à une fin, le retour est proche et il sera là bientôt», n’y fait rien.

Papa Samba Mboup l’a dit clairement à « l’As » : «Karim Wade est le candidat du PDS, mais tout le monde sait qu’il ne pourra pas se présenter en 2019. Il faut dire la vérité. La Justice ne lui permet pas de se présenter en 2019, peut-être qu’il pourra le faire après. Je crois savoir qu’il n’est même pas libre de ses mouvements. Je ne suis pas idiot, j’ai fait des recoupements, j’ai interrogé les gens et j’observe la situation politique. Je ne serai pas étonné qu’on me dise que Karim Wade est en résidence surveillée. Il est au Qatar, il ne peut aller nulle part». Cela aussi a l’avantage d’être clair.

Plan B du Pds : «Macky en 2019, Karim en 2022»

Le Président Abdoulaye Wade aurait pu être un plan B crédible pour le Pds, une roue de secours de fait. Mais, pour avoir appris la leçon auprès de celui-ci, et pour l’avoir bien apprise, le président Macky Sall a trouvé la bonne parade, en demandant au peuple de limiter l’âge de candidature à 75 ans, à travers un référendum. Et le tour est joué !

Quel autre plan B s’offre alors au Pds ? Peut-être l’ouverture vers l’extérieur (les alliés) car, au sein du Pds, personne ne semble avoir été préparé pour reprendre le flambeau, si ce n’est Wade-fils. M. Mboup présente le ministre Madické Niang comme le profil idéal. Malheureusement, malgré sa fidélité à Wade, sa bonhommie, son entregent et sa crédibilité, cet ancien ministre des Affaires étrangères n’a pas le charisme et la poigne d’un Abdoulaye Wade pour rallier tous les suffrages, même au sein du Pds.

Mais «l’extérieur», aux yeux de nombre de militants du Pds, ne peut concerner Idrissa Seck, cet autre «fils» de Wade à qui tous imputent les maux de son parti formateur. C’est à la limite si certains libéraux le tolèrent dans le Front national pour la Défense de la République «Mankoo Wattù Senegaal». D’ailleurs, nul autre homme politique, issu de quelque formation que ce soit, ne peut tomber sous son charme les militants du Pds, habitués à voir d’autres prétendants venir renforcer leurs rangs.

Au moment de présenter un candidat, en 2019, certains libéraux pourraient même tirer la conclusion qui veut qu’«à défaut de Karim Wade, mieux vaut Macky que les autres». Et, en fin politique, Me Wade pourrait bien se soumettre à cette solution, pour autant que le chef de l’Etat lui donne des garanties, comme un soutien résolu à son fils à la Présidentielle de 2022, quand Macky Sall aurait atteint la limite de mandats autorisée par la Constitution. En conclusion, pour 2019, la piste Karim Wade semble mener dans une impasse.

Serigne Mour DIOP (publié à Direct Info)

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