Présidence de l’Assemblée Nationale – Cojer «Niasse, y’en a marre !»

Présidence de l’Assemblée Nationale – Cojer «Niasse, y’en a marre !»

Dans son édition n°1464 du mardi 17 janvier 2017, votre quotidien « Direct Info » révélait que l’Alliance pour la République (APR) du Président Macky Sall voulait le perchoir de l’Assemblée nationale, après le constat fait par plusieurs de ses responsables que, mis à part le fauteuil du chef de l’Etat, à la Présidence de toutes les grandes Institutions de l’Etat trône un allié, eux ne se contentant que des subsides. Aussi, revendiquent-ils, dans un premier temps, le siège qu’occupe Moustapha Niasse. Cette sortie au vitriol des jeunes «apéristes» de la Cojer en est la meilleure illustration.

«Lu naar bu ndaw wax, ca xayma lako dëgge» (Ce que dit le petit maure, il l’a entendu sous la tente). Ce propos illustre bien la sortie des jeunes de l’Alliance pour la République (APR) du département de Rufisque, dont les propos ont été rapportés par le site du groupe Walfadjri, «walfnet.sn», demandent au Président Moustapha Niasse de «faire preuve de grandeur et de laisser son éventuel poste de député à un des jeunes collaborateurs».

En parlant de «jeunes collaborateurs», ces membres de la Convention des Jeunes républicains (Cojer) pensent certainement à leurs collègues de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP). Mais, en vérité, ils savent – et le souhaitent ardemment – que Niasse n’étant pas député, le perchoir ne pourra plus échapper à la formation du Président Macky Sall, sauf si l’opposition y est majoritaire, bien entendu.

Poursuivant leur justification de l’urgence de la retraite politique de l’ancien ministre des Affaires étrangères du Président Senghor, les jeunes «républicains» de Rufisque de lui faire remarquer que «la plupart des jeunes membres de la Cojer n’étaient pas nés, lorsque Niasse commençait sa carrière politique». Mieux, ajoute Balla Diop, leader de la Cojer de Rufisque : «le Président Macky Sall, lui-même, était à l’époque à l’école primaire». Et de souligner que dans la vie, «quel que soit son quotient intellectuel ou personnel (sic), il faut savoir faire son temps et partir à temps».

Le temps est donc venu pour celui qui «fuitait» dans la presse, il y a quelques jours, la perspective de son choix comme tête de liste de « Bennoo Bokk Yaakaar » pour les prochaines Législatives, et Mme Aminata Touré comme directeur de campagne – comme si celle-ci devait faire du surplace, après avoir été directeur de campagne de Macky à la Présidentielle de 2012 – voit ainsi son rêve se briser à l’autel de la fougue et de la pertinence des jeunes «Républicains», visiblement «mandatés» pour dire, tout haut, ce que les «grands» pensent, tout bas.

Après Niasse, au tour de Tanor ?

Mais ce n’est pas fini pour l’argumentaire de la Cojer car, estime-t-on du côté de Rufisque, «à 78 ans, il (Niasse) doit laisser sa place à un jeune ou un cadre de l’AFP». Le mot est lâché : «un cadre de l’AFP» (de l’APR, plutôt !). Non sans rappeler à Moustapha Niasse que «très jeune, le Président Senghor l’a promu et s’est retiré de la vie politique en 1981, à l’âge de 75 ans». Alors, il est minuit, Président Niasse ! Car l’avertissement est clair : si vous ne vous retirez pas à temps, c’est-t-à dire avant le 30 juillet 2017 (date fixée pour les élections législatives), vous risquez, un jour, «d’être sous l’autorité de quelqu’un qui peut être (votre) petit-fils», comme le suggèrent Balla Diop et ses frères de la Cojer-Rufisque.

Comme votre ancien camarade de parti et «frère ennemi», Ousmane Tanor Dieng, qui a choisi du «tuer ses héritiers» au Parti socialiste (PS), les regarder trainer devant les Tribunaux pour des délits mineurs, juste pour le juteux Haut Conseil des Collectivités territoriales (HCCT), vous devez comprendre que des «apéristes» purs, durs et radicaux piaffent d’impatience de vous remplacer, tous les deux, dès la fin de vos mandats respectifs, ou avant terme même. C’est aussi cela le revers de la médaille d’une collaboration à sens unique, d’un «yobaale ma» (amènes-moi avec toi) politique sans condition. Car, quand vous ne pouvez pas prendre en charge votre propre cuisine, vous devez vous contenter de que l’on vous sert à la table.

Bathily out !

Pas besoin, peut-être, de donner le même conseil à l’ancien Secrétaire général de la Ligue Démocratique/Mouvement pour le Parti du Travail (LD/MPT) des années 70, Abdoulaye Bathily, qui vient d’essuyer un cuisant échec dans sa conquête de la Présidence de la Commission de l’Union africaine (UA). Lui aussi doit faire le deuil d’une quelconque responsabilité d’Etat, avec son actuel Secrétaire général, Mamadou Ndoye « Mendoza », et laisser la place à la génération des Seydou Sy Sall et autres jeunes intellectuels de haut niveau, qui essaiment dans vos partis.

Serigne Mour DIOP (Direct Info)

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