Enrichissement illicite : l’affaire Karim Wade refait surface avec de graves révélations

Enrichissement illicite : l’affaire Karim Wade refait surface avec de graves révélations

Jugé pour «enrichissement illicite», condamné à six ans d’emprisonnement et à payer une amende de 138 milliards de FCFA, l’ancien ministre d’Etat, Karim Wade, a été gracié, après un séjour de trois ans en prison. Dès son élargissement, en juin 2016, il a été escorté par l’Administration pénitencière, en présence d’un de ses avocats, du Procureur de la République du Qatar et de Serigne Moustapha Mbacké, fils du défunt khalife général des mourides, Serigne Sidy Mokhtar, pour prendre nuitamment un vol privé à destination de Doha (Qatar). Séjour privé ou exil forcé ? Le débat se poursuit… Toutefois, ces derniers jours, après l’annonce d’un retour prochain du fils de l’ancien chef de l’Etat sénégalais, des révélations sont faites dans la presse.

C’est d’abord le quotidien « Walfadjri » qui renseigne sur un document de la Banque mondiale qui, selon le journal, «innocente Karim Wade», en affirmant que «tous les immeubles supposés appartenir à Karim Wade sont bel et bien la propriété d’Ibrahim Abou Khalil Bourgi (alias Bibo)» et que l’information aurait été portée à la connaissance des autorités sénégalaises, qui avaient sollicité le concours de ladite banque, mais elle aurait été «cachée,» au plus haut sommet de l’Etat, au moment du procès. Le Parti démocratique sénégalais (PDS), par la voix de son Coordonnateur national, Oumar Sarr, a d’ailleurs promis de tirer cette affaire au clair.

« Walfadjri » poursuit ses révélations en affirmant que «des magistrats français ont été commis, en catimini, pour assister et conseiller leurs collègues de la Cour de Répression de l’Enrichissement illicite (CREI)», qui a jugé et condamné le candidat désigné du PDS à la prochaine élection présidentielle. Jusque-là, l’Etat n’a pas encore démenti cette information.

Quelques jours plus tard, précisément le jeudi 1er février, le quotidien «Libération», qualifié de «proche du régime» – son ancien directeur de publication a été ministre sous le régime actuel – fait savoir que «Karim Wade a été condamné par le tribunal de Monaco» (France), où l’Etat avait intenté un procès pour la saison de comptes bancaires supposés appartenir à l’ancien ministre sénégalais. Une information vite démentie par les avocats du fils de Me Abdoulaye Wade.

Dans son édition du vendredi 2 février 2018, le quotidien « L’Observateur« , indique que les avocats de Wade-fils «s’insurgent contre la sortie du Gouvernement arguant que Karim Wade a perdu à Monaco». Une information qui, selon eux, est un «mensonge d’Etat», qui ne reflète pas les termes du jugement rendu par le tribunal de Monaco, le 25 janvier 2018. En vérité, affirment les conseils de l’ancien ministre, «le jugement rendu par le tribunal de Monaco a ordonné la mainlevée immédiate de la saisie-arrêt effectuée sur le compte de Karim Wade».

Les avocats de Karim Wade de faire remarquer que «l’information à laquelle l’Etat du Sénégal fait référence est relative à une procédure de validation de ses saisies qu’il a initiée auprès de la Justice monégasque». En réponse à cette requête, précisent les avocats, «le tribunal de Monaco n’a pas accepté la validation de la saisie-arrêt pratiquée par l’Etat du Sénégal ; le juge a prononcé le sursis à statuer et a subordonné la validation de la saisie bancaire à la reconnaissance dans la Principauté de Monaco du jugement de la CREI (ce qui a déjà été refusé par la France)».

En définitive, poursuivent les avocats de Wade-fils dans « l’Obs« , «l’Etat du Sénégal n’a donc pas obtenu la validation des saisies qu’il sollicitait dans la Principauté de Monaco, ce qui constitue un revers judiciaire incontestable». Ce qui les fait dire que «le tribunal de Monaco n’a donc fait que constater les errements de l’Etat du Sénégal, même si, par ailleurs, elle a déclaré cette saisie-arrêt recevable. Toutefois, cette action ayant été déclenchée dans une banque où Karim Wade n’a aucun compte, elle est donc sans objet».

Tout ceci fait dire aux avocats de «l’exilé le plus présent au Sénégal» que «le gouvernement du Sénégal continue de tromper et de manipuler l’opinion publique en ce qu’il affirmait, début janvier, avoir récupéré 8 millions de FCFA à Monaco, dans le cadre de la traque des biens ‘’mal acquis’’. Ce jugement du 25 janvier montre bien que la procédure est en cours et de les demandes de l’Etat n’ont pas abouti».

De l’avis de ces avocats, «l’Etat du Sénégal ferait mieux de ses prononcer sur les informations extrêmement graves révélées par ‘’Walfadjri’’, dans son édition du 31 janvier 2018, qui mettent en lumière des éléments nouveaux et scandaleuses dans le procès de Karim Wade, à savoir l’intervention d’un magistrat étranger dans une procédure judiciaire relevant exclusivement des tribunaux sénégalais, sans aucune autorisation, la dissimulation, la soustraction et le recel d’un document essentiel dans une procédure judiciaire par le chef de l’Etat, Macky Sall, président du Haut Conseil de la Magistrature, ses différents ministre de la Justice et les magistrats de la CREI».

Aux yeux des avocats de Karim Wade, «ce document aurait fondamentalement changé le cours du procès et aurait prouvé l’innocence» de leur client.

S.M.D

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