Dépasser cette démocratie de la confrontation et du rapport de forces

Dépasser cette démocratie de la confrontation et du rapport de forces

Nuages au-dessus d’une démocratie bafouée, caricaturée et humiliée. La réponse à la marche de l’opposition, du 14 octobre 2016, quel que soit le prétexte brandi par l’Administration, est inacceptable. Elle contrevient à la légalité constitutionnelle, menace dangereusement la démocratie et les droits humains.

Il faut trouver des réponses politiques, pacifiques et mieux appropriées, aux questions relatives à la gestion transparente des ressources minérales, des délits d’initié, aux conflits d’intérêts. Ce sont des cancers qui, sous d’autres cieux, ont gangrené des Etats, des institutions et, pire, provoqué leur effondrement. De plus, éviter de brandir la menace terroriste qui, elle aussi, profite des vulnérabilités et des divisions de la société.

Le contexte est très mal choisi pour établir des murs et des barbelés entre les Sénégalais ; le contexte est très mal choisi pour une confrontation, sur la durée, dans la rue. C’est jouer avec le feu. Les pouvoirs publics doivent absolument se ressaisir, car c’est la responsabilité absolue de l’autorité suprême de ce pays de mettre immédiatement un terme à ce cercle vicieux, qui mène dans l’impasse, en autorisant les marches de l’opposition, en créant les conditions d’un dialogue franc avec la Nation et en donnant une réponse qui rassure ceux qui s’interrogent.

La création d’une Commission d’enquête serait un début de réponse. Le dialogue et la concertation vont contribuer à un climat politique apaisé. Il faut dépasser cette démocratie de la confrontation et du rapport de forces, cette démocratie au visage hideux de l’humiliation et de la caricature.

PS : le titre est de la rédaction, mais il a été puisé dans le texte.

Alioune TINE

Ancien Président de la Raddho

PARTAGEZ CET ARTICLEShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone

Réagir

Votre email ne sera pas publiée.