Conférence à Paris sur les migrations en Europe : l’Association Alisfi fixe les règles

Conférence à Paris sur les migrations en Europe : l’Association Alisfi fixe les règles

Dans le cadre de l’exécution de son programme trimestriel d’activités, l’Alternative Ile-de-France pour la Sécurité et l’Intégration (Alifsi) a organisé, samedi 04 mars 2017 à Paris, dans le 12ème arrondissement, une conférence sur le thème : «les difficultés d’intégration des migrants subsahariens en France». C’est dans une salle comble que s’est déroulée la conférence, qui survient une semaine après la manifestation d’Alifsi, devant la Préfecture de Paris 12ème.

CONFE8ALIFSI
La conférence animée par Mady Gassama, président-fondateur de l’association Alifsi, a été l’occasion, pour lui, d’abord de différencier les difficultés rencontrée par les migrants en deux catégories, ensuite de revenir sur les points importants de la loi sur le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) et, enfin, de sensibiliser ses pairs sur les possibilités de réussir son parcours de migrants. L’association Alifsi entretient une étroite relation de travail avec la Préfecture de police de Paris, et elle est souvent reçue au Cabinet du ministre français de l’Intérieur, afin de faire le point sur la situation des étrangers en situation irrégulière.

La première catégorie de difficultés des migrants, a indiqué le conférencier, «est d’ordre administratif», car la France, souligne Mady Gassama, «est un pays très administratif et procédurier». Et, paradoxalement, le statut de «sans-papiers» incite les migrants, par méconnaissance, à s’éloigner des structures administratives à travers lesquelles ils pourront constituer des preuves dites probantes et justifiant de manière irrévocable leur présence sur le territoire français. Un fait que déplore le conférencier du jour, selon qui «cette démarche est nécessaire, qui plus est, une requête des autorités préfectorales, dans le cadre d’un futur examen de leur cas en vue d’une régularisation».

Le plus souvent, souligne encore M. Gassama, «ils se retrouvent dans un contexte environnemental (foyer ou communauté), qui ne leur facilite pas l’accès aux informations utiles et fiables. Ils exercent des métiers pénibles avec des heures de travail décalées, et confrontés à des problématiques de survie relatifs aux attentes de leur famille laissée au pays». En outre, fait encore remarquer le président de l’Alifsi, «s’y ajoutent aussi des difficultés liées à l’expression orale et écrite de la langue française». Cette contrainte liée à la langue française, «constitue la deuxième classe de difficultés car elle est un obstacle à leur intégration», de l’avis du conférencier. De ce fait, concède-t-il, «il est difficile, pour un immigré qui ne bénéficie pas d’un accompagnement adapté, de définir la priorité dans ses actions», car «choisir entre le travail, la formation, ou formation-travail est loin d’être évident».

«En renseigner, s’informer et de faire attention»

 Dans sa conférence, le Président Mady Gassama est revenu, en détails, sur les différents types d’examen de dossier dans le cadre de la loi Ceseda, en s’appuyant sur les principaux articles relatifs à l’examen de situation de chaque dossier, dans le cadre du titre de «Séjour salarié», d’une «Vie privée et familiale», «Séjour pour soins», «Séjour étudiant», etc. Aussi, a-t-il recommandé aux immigrés de «se rapprocher des associations qui ont une expertise des Lois et Règlements dans le cadre de l’immigration, qui peuvent les conseiller, les accompagner dans leur procédure de régularisation administrative tout en les exhortant de se renseigner, s’informer et de faire attention avant d’entreprendre une première demande de titre de séjour».

Selon le conférencier, il faut également «éviter la légèreté et la précipitation, qui incitent souvent les personnes concernées à créer des preuves». D’ailleurs, Mady Gassama a condamné, fortement, cette attitude qui, à ses yeux, «produit l’effet contraire, c’est-à-dire au lieu de dénouer la situation, elle la rend plus compliquée». C’est le cas des situations non régularisables.

Le délit du «mariage blanc»

 Dans la foulée, M. Gassama a déconseillé aux personnes en situation irrégulière, avec fermeté du reste, le mariage de complaisance dit «mariage blanc». Car, souligne-t-il, «le délit de mariage de complaisance est caractérisé» car, selon l’article L623-1 du Ceseda, «une peine de 5 ans d’emprisonnement est encourue, ainsi qu’une amende de 15.000 euros» (près de 9 millions FCFA). La loi 16 juin 2011 a ajouté que, précise-t-il, «les mêmes peines seront encourues lorsque l’étranger, qui a contracté le mariage, a dissimulé ses intentions à son conjoint».

Dernière recommandation du président de l’Alisfi à ses frères immigrés en France : «Apprendre à lire et écrire, élaborer et réfléchir sur un projet professionnel et s’intéresser à la vie de la cité, constitue des étapes importantes pour réussir son intégration, qui est une invite à tout immigré à s’interroger sur son environnement».

Serigne Mour DIOP

PARTAGEZ CET ARTICLEShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone

Réagir

Votre email ne sera pas publiée.