Après les Législatives 2017, la cohabitation est bien possible !

Après les Législatives 2017, la cohabitation est bien possible !

PAR VIEUX AÏDARA

Surpris par les théories de l’impossibilité d’une cohabitation avec, comme principal argument, le fait que le constituant sénégalais ait attribué au président de la République les prérogatives de définition de la politique de la Nation, de nomination et évocation du Premier ministre, qui n’a comme attribut que d’exécuter cette politique en formant son Gouvernement.

J’ai même lu les propos d’un théoricien soutenant que l’absence d’un précédent, d’une pratique qui s’est avérée efficace dans le temps et acceptée par les acteurs politiques sénégalais, rend inopérant et non fondée la convocation de la coutume pour régler la question. Ce théoricien soutient, bizarrement et de manière légère, que l’exemple de la France est inapproprié parce-que «non seulement les deux constitutions ne règlent pas la question de la même manière, mais aussi bien la trajectoire politique que l’histoire respective des deux pays semblent les distancer sur ce point».

Et, enfin, est posé sur la table une menace dans l’hypothèse où l’opposition, ayant la majorité au Parlement, exigerait une cohabitation en usant de la motion de censure. Selon ce théoricien, le Président Macky Sall, avec le soutien du Conseil Constitutionnel, pourrait décréter un fonctionnement irrégulier des Institutions et gouverner par ordonnances ou, pire, décréter l’état d’urgence ou l’état de siège, c’est-à-dire se servir de l’Article 51 de la Constitution.

Tous ces pseudos intellectuels feignent d’ignorer que, même si le Président peut décréter des circonstances exceptionnelles pour s’arroger les pleins pouvoirs, le constituant a, quand même, mis des « garde-fous » par les alinéas 3-4-5 de l’article 51.

« Dans le cas de circonstances exceptionnelles :

– L’Assemblée nationale se réunit de plein droit ;

– Elle est saisie pour ratification, dans les quinze jours de leur promulgation, des mesures de nature législative mises en vigueur par le Président. L’Assemblée peut les amender ou les rejeter à l’occasion du vote de la loi de ratification. Ces mesures deviennent caduques, si le projet de loi de ratification n’est pas déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale dans ledit délai.

– Elle ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels. Lorsque ceux-ci sont exercés après la dissolution de l’Assemblée nationale, la date des scrutins fixés par le décret de dissolution ne peut être reportée, sauf cas de force majeure constaté par le Conseil Constitutionnel».

Donc, on voit bien que toutes ces théories sont bien évidemment ridicules et fantaisistes, car la Constitution du Sénégal est claire et limpide en son article premier alinéa six : «Le principe de la République du Sénégal est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple».

Nul président donc avec la complicité du Conseil Constitutionnel ne saurait aller à l’encontre de ce principe de notre loi fondamentale.

Mieux encore en son article trois, alinéas un et deux le constituant renforce en affirmant: « La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum. Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté ».

Ces théoriciens feraient mieux en cas de victoire de l’opposition de dissuader le président de se lancer dans une telle aventure car il ne sortirait pas vainqueur contre les représentants du peuple que sont les parlementaires consacrés par l’article et les alinéas précités, nous ne sommes plus en 1962 et n’est pas Léopold Sédar Senghor qui veut.

Au contraire, il pourrait même dans le cas d’une confrontation abréger les 18 mois de pouvoir lui restant car le constituant a mis entre les mains des représentants du peuple l’article 101 pour pouvoir mettre en accusation le président de la république et le destituer.

« Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison. Il ne peut être mis en accusation que par l’Assemblée nationale, statuant par un vote au scrutin secret, à la majorité des trois cinquièmes des membres les composant ; il est jugé par la Haute Cour de Justice ».

Vouloir bloquer le fonctionnement normal des Institutions de la République, parce-que son parti et sa coalition auraient perdu les élections législatives serait, assurément, de la Haute Trahison de la part de celui qui est sensé veiller à leur bon fonctionnement.

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